En octobre 2026, le climat des affaires reste sous sa moyenne de long terme en France. L’indicateur global s’établit à 97, contre une référence de 100. Dans le commerce de détail, il tombe même à 93. (source : Insee)
Mais au même moment, un secteur évolue dans le sens inverse.
Dans l’industrie manufacturière, le climat des affaires atteint 105, soit quatre points de plus qu’en septembre et son meilleur niveau depuis plusieurs années. Selon l’Insee, cette amélioration est notamment portée par les carnets de commandes globaux et étrangers, avec une nette progression dans les matériels de transport.
Les industriels prévoient davantage d’investissements
Le signal le plus intéressant vient peut-être des investissements. Dans son enquête trimestrielle publiée le 22 octobre, l’Insee constate que le solde d’opinion sur les investissements prévus au cours des trois prochains mois atteint +19, contre +18 en juillet, +9 en avril et +8 en janvier. Il progresse donc pour le troisième trimestre consécutif. Les chefs d’entreprise ont également revu à la hausse leur appréciation des investissements réalisés en 2026 : le solde d’opinion passe de +6 en avril à +13 en octobre. Et pour 2027, la première estimation ressort à +19. Dans les biens d’équipement, elle atteint même +34. Ces chiffres ne signifient pas que les investissements vont augmenter de 19 %. Il s’agit de soldes d’opinion, c’est-à-dire de l’écart entre la proportion d’entreprises anticipant une hausse et celles anticipant une baisse. Mais leur progression traduit bien un changement de perception chez les industriels. 42 % des entreprises disent manquer de capacité en cas de nouvelles commandes Autre donnée assez révélatrice : 42 % des entreprises industrielles estiment qu’elles ne pourraient pas produire davantage avec leurs moyens actuels si elles recevaient plus de commandes. La moyenne historique de cet indicateur n’est que de 25 %. (source : Insee)
Ce chiffre ne signifie pas que les usines françaises tournent à plein régime. Leur taux moyen d’utilisation des capacités reste à 82 %, légèrement sous sa moyenne historique de 83 %. Mais il montre qu’une part importante des industriels se trouve déjà confrontée à une limite très concrète : si la demande repartait davantage, il faudrait investir pour suivre.
Machines, lignes de production, automatisation, maintenance industrielle, bâtiments ou recrutements pourraient donc redevenir des sujets stratégiques.
Pas encore une embellie générale
Il serait pourtant prématuré de parler de grand retour industriel. Les chefs d’entreprise se montrent moins optimistes qu’en juillet sur la demande des trois prochains mois, même si les indicateurs restent au-dessus de leur moyenne de longue période. Et les difficultés restent bien réelles : 38 % des industriels déclarent rencontrer des problèmes de recrutement, contre 33 % en moyenne historiquement, tandis que leur jugement sur la trésorerie s’est dégradé en octobre. (source : Insee)
Autrement dit, l’industrie française ne flotte pas au-dessus des difficultés du reste de l’économie. Mais elle n’envoie pas non plus exactement le même message.
Un signal discret derrière la morosité
Depuis des années, le débat français tourne autour de la désindustrialisation, des fermetures d’usines et de la dépendance aux importations. Ces problèmes restent réels. Mais les données d’octobre montrent aussi autre chose : dans une économie globalement prudente, les industriels se montrent aujourd’hui plus confiants que la moyenne et envisagent davantage d’investissements. Ce n’est pas encore une réindustrialisation. C’est un signal.
Et dans une période où les indicateurs négatifs occupent souvent tout l’espace, les signaux faibles méritent parfois autant d’attention que les mauvaises nouvelles déjà bien installées.



