L’essentiel

  • Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France reçoivent leurs factures au format électronique, et les grandes entreprises comme les ETI les émettent sous cette forme.
  • Les PME, TPE et micro-entreprises, catégorie qui englobe une large part des garages indépendants, passeront à l’émission électronique le 1er septembre 2027.
  • Au 1er janvier 2026, la France comptait 6,6 millions de véhicules utilitaires légers en circulation, d’un âge moyen de 11,5 ans, selon le SDES.
  • Inez Berkhof-Hollander, Managing Director EMEA de TreviPay, plaide pour une facturation consolidée à l’échelle des réseaux de concessionnaires, de la commande jusqu’au règlement.

Un parc vaste, vieillissant et de plus en plus varié

Au 1er janvier 2026, le Service des données et études statistiques (SDES) recensait 6,6 millions de véhicules utilitaires légers (VUL) en circulation en France, un parc en hausse de 0,5 % sur un an. Leur âge moyen atteint 11,5 ans, contre 11,1 ans l’année précédente, et la motorisation électrique ne pèse encore que 2,3 % du parc. 

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Côté poids lourds, le SDES dénombrait 616 200 véhicules en circulation au 1er janvier 2026, en léger recul de 0,9 %, avec une motorisation diesel pour 96,2 % d’entre eux. 

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L’électrique progresse dans les ventes. Selon le Journal de l’Automobile, les modèles à batterie ont représenté 9,4 % des immatriculations de VUL neufs en 2025, soit 33 696 unités. Une même flotte réunit donc des fourgons thermiques âgés, des utilitaires électriques récents et, chez les transporteurs, des camions de plusieurs constructeurs. 

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Cette diversité pèse sur l’entretien. Intervenir sur un véhicule électrique exige en France une habilitation spécifique, encadrée par la norme NF C 18-550, qui définit les règles de sécurité pour les opérations sur les installations et véhicules à énergie électrique. Tous les ateliers ne la détiennent pas.

Des milliers de références et des centaines d’ateliers

La charge d’entretien reste massive. En 2025, 27,6 millions de véhicules sont passés au contrôle technique en France, un volume en hausse porté notamment par le vieillissement du parc. 

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Pour une flotte qui circule de Lille à Marseille, chaque panne se traite dans l’atelier le plus proche, qu’il appartienne à un concessionnaire, à un garage indépendant ou à un réparateur spécialisé. Selon Inez Berkhof-Hollander, Managing Director EMEA de TreviPay, un ensemble articulé (tracteur et semi-remorque) compte à lui seul entre 10 000 et 15 000 pièces.

Le prix de chacune de ces pièces se négocie souvent au niveau national, puis s’applique localement. C’est là que le système se grippe : chaque concession interprète l’accord avec ses propres outils de facturation, de crédit et de recouvrement.

Pourquoi la croissance d’un réseau multiplie les frictions

Un constructeur qui travaille avec 20 concessions absorbe les écarts sans grande difficulté. À 200 sites répartis dans plusieurs pays européens, avec leurs devises et leurs régimes fiscaux, la charge administrative change d’échelle.

Inez Berkhof-Hollander résume ce paradoxe dans un avis d’expert publié en octobre 2026 : les processus commerciaux se compliquent « plus vite que le chiffre d’affaires ne progresse ». Les équipes administratives traitent des exceptions au lieu de traiter des transactions.

Ce constat ne met pas en cause les concessionnaires. Leur expertise locale et leur relation client restent irremplaçables pour les flottes. La difficulté vient de l’addition de systèmes indépendants, chacun cohérent isolément, incompatibles entre eux.

Ce que la facture électronique change pour les réseaux d’entretien

La réforme française impose un format structuré. Depuis septembre 2026, un PDF envoyé par courriel ne suffit plus s’il ne transite pas par un système électronique structuré reconnu. Les factures passent par une plateforme agréée, c’est-à-dire un opérateur immatriculé par l’administration fiscale pour transmettre les factures entre entreprises et les données à la DGFiP. 

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De nouvelles mentions obligatoires figurent sur les factures émises depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, et s’imposeront au 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises. 

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Pour un réseau où chaque atelier facture à sa manière, le calendrier fixe donc une échéance claire. Les écarts de mentions ou de formats, jusqu’ici tolérés comme une gêne administrative, deviennent des non-conformités.

La facturation consolidée, une réponse déjà en place

La facturation consolidée désigne un modèle où les achats d’un client flotte auprès de plusieurs concessionnaires remontent dans une structure commune, avec une facture unique et un encours de crédit partagé. TreviPay, spécialiste du paiement à facturation entre entreprises, propose ce type de dispositif.

Dans ce modèle, les prix sont validés avant l’émission de la facture et non corrigés après coup. Les informations client sont collectées au moment de la transaction. Cette logique rejoint l’exigence de la réforme : des données complètes et structurées dès l’émission.

Selon TreviPay, une division d’un grand groupe mondial de poids lourds l’a adoptée en France et dans 19 autres pays européens. Faute de posséder ses concessions, ce constructeur ne voyait jusqu’ici qu’une partie des achats de pièces de ses clients flottes. Il dispose désormais d’une facturation unifiée et d’une vision d’ensemble de son réseau, toujours selon TreviPay.

Ce que les gestionnaires de flotte y gagnent

La réforme de la facturation électronique laisse aux réseaux un calendrier lisible jusqu’au 1er septembre 2027 pour harmoniser leurs pratiques. Les acteurs qui l’anticipent transforment une obligation fiscale en chantier de simplification.

Pour les gestionnaires de flotte, les loueurs et les transporteurs, le bénéfice se mesure en factures prévisibles, en tarifs respectés d’un atelier à l’autre et en intégration directe dans leurs outils comptables. Inez Berkhof-Hollander le formule ainsi : l’avantage concurrentiel viendra de la capacité à maîtriser la complexité du marché, pas de sa disparition.

Sources

« 6,6 millions de véhicules utilitaires légers en circulation au 1er janvier 2026 », SDES, 10 juillet 2026. https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/66-millions-de-vehicules-utilitaires-legers-en-circulation-au-1er-janvier-2026

« 616 200 poids lourds en circulation au 1er janvier 2026 », SDES, 10 juillet 2026. https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/616-200-poids-lourds-en-circulation-au-1er-janvier-2026

« Prévisions 2026 : léger rebond du marché des véhicules utilitaires légers », Journal de l’Automobile, 2026. https://journalauto.com/constructeurs/previsions-2026-leger-rebond-du-marche-des-vehicules-utilitaires-legers/

« Le contrôle technique porté par le vieillissement du parc », Journal de l’Automobile, 2026. https://journalauto.com/services/le-controle-technique-porte-par-le-vieillissement-du-parc/

« L’État accompagnera la généralisation de la facturation électronique entre entreprises », ministère de l’Économie. https://www.economie.gouv.fr/node/3231220

Avis d’expert d’Inez Berkhof-Hollander, Managing Director EMEA de TreviPay, octobre 2026. Profil LinkedIn

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